Azalaïs

Azalaïs est issu de l'ensemble Tard-Quand-Dîne, qui explore depuis 1995 les chants de troubadours et la musique traditionnelle, en les revisitant d'une interprétation passionnée et d'une instrumentation moderne.

Concert au Mas du Sauvage, décembre 2015

Le répertoire de l’ensemble Azalaïs est principalement orienté vers le chant médiéval et modal des XIIe et XIIIe siècles, mais il inclut également la chanson traditionnelle, lorsque celle-ci en est l’héritage. Céline et Vincent chantent donc en ancien français et en français moderne, en ancien provençal et en divers dialectes actuels de la langue d’oc, divers dialectes italiens, en judéo-espagnol, en catalan, en grec et en latin.


Céline est à la fois chanteuse et universitaire, spécialisée dans la langue et la littérature occitane, ainsi que dans la littérature médiévale. Cette double compétence lui permet de proposer une interprétation à la fois ressentie et érudite.


Son frère Vincent, artiste compositeur, l’accompagne depuis plus de vingt ans avec une inégalable complicité, à la guitare et au son d’un instrument de son invention : la guitariole, une guitare à archet. Le choix de cette instrumentation est significatif de leur volonté de mettre en valeur avant tout la modernité des troubadours, leur capacité à émouvoir un public contemporain par-delà les siècles. Ainsi la profonde connaissance de ces textes anciens permet à Céline de mieux partager l’émotion dont ils vibrent comme au premier jour, soutenue par les arrangements sensibles de Vincent, résolument libres et contemporains.


https://soundcloud.com/c-line-magrini-1


CONCERT AZALAÏS

Chansons de femmes des XIIe et XIIIe siècles

En Languedoc, au XIIIe siècle, une femme peut hériter d’un fief, et se retrouver, comme un homme, à la tête d’un ou plusieurs castels, de quelques villages et de leurs terres, d’une poignée d’hommes d’armes.
Peut-être, qui sait, fut-ce le cas de Na Castelloza (née vers 1200), dame châtelaine d’Oza, en Cantal. En ce temps-là, le midi de la France connaît l’apogée d’un art qui y a pris naissance et qui rayonne désormais sur toute l’Europe : l’art des troubadours. L’art du trobar est l’art de trouver des «sons», dans les mots et dans les notes, et de ciseler une poésie fine, complexe, travaillée, cherchant à exprimer toutes les subtilités des émotions humaines et de cette langue romane qui vient de naître.
Na Castelloza, comme beaucoup de femmes nobles et lettrées, devait être de celles qui encouragèrent cet art qui inventait pour les siècles à venir l’amour courtois, certes, mais aussi une poésie non narrative, dédiée au «je» et à l’introspection. Elle écrit, elle aussi, elle est trobairitz, une «trouveuse»..., et elle se sert de sa chanson pour s’adresser à celui qu’elle aime : «Mout avetz fa lonc estage», «Vous êtes resté trop longtemps absent, cela m’est rude et sauvage, car je vous ai aimé de toute mon âme dès que pour la première fois j’ai eu le bonheur de vous voir. Or je sais que c’est folie, car vous me rendez mal pour bien : vous aimer ne m’apporte rien…. Et j’aurai donné un bien mauvais exemple aux autres dames amoureuses, car, d’ordinaire, ce sont les hommes qui font de telles déclarations, en mots triés et choisis. Eh bien, quant à moi, il me convient d’agir ainsi, et je le fais.»


Céline Magrini, voix
Vincent Magrini, guitariole, percussions, voix
Maria Zaharia, vièle à archet, rebec
Pascal Hoyer, luth-guitare, guitare classique


 EXTRAITS  :
http://www.myspace.com/ensembleazalais/music/songs



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